Publiée en avril 2026, l’enquête TKS de l’OCDE est la première mesure internationale comparative des connaissances pédagogiques des enseignants, réalisée dans 8 systèmes scolaires auprès de plus de 20 000 enseignants du premier cycle du secondaire. Principal constat : ces connaissances sont inégalement réparties au sein des systèmes, et les enseignants au score élevé tendent à utiliser les stratégies pédagogiques de façon plus ciblée et délibérée.
En avril 2026, l’OCDE a publié les résultats de son enquête sur les connaissances pédagogiques (TKS), un nouvel outil d’évaluation mesurant ce que les enseignants savent réellement sur la pédagogie. Cela diffère du questionnaire principal de TALIS 2024, qui demandait aux enseignants de décrire leurs pratiques et leurs conditions de travail. Le TKS est une évaluation de connaissances, ce qui en fait la première étude à grande échelle et à vocation internationale sur les connaissances pédagogiques générales à partir d’échantillons représentatifs d’enseignants.[1]
Ce billet explique ce que mesure le TKS, ses principaux résultats et leurs implications pratiques. Un point important d’entrée de jeu : le Canada n’a pas participé au TKS 2024. L’Alberta a pris part à l’enquête TALIS 2024 principale (résultats publiés en octobre 2025), mais ne figurait pas parmi les huit systèmes du module TKS. Lorsque ce billet cite des données par pays, il s’agit exclusivement des huit systèmes participants au TKS.
Que mesure exactement l’enquête TKS de l’OCDE ?
Le TKS couvre trois grands domaines des connaissances pédagogiques générales : les processus d’enseignement, les processus d’apprentissage et l’évaluation. Les connaissances en enseignement incluent la planification et la conduite de cours, l’explication de concepts et l’adaptation de l’enseignement à différents profils d’apprenants. Les connaissances en apprentissage portent sur la façon dont les élèves acquièrent, intègrent et mobilisent des compétences. Les connaissances en évaluation portent sur la collecte de données probantes sur les apprentissages, la rétroaction utile et l’adaptation de l’enseignement en fonction de ce que révèlent les élèves.
Le TKS n’évalue pas la maîtrise de la matière enseignante. Il n’examine pas si un enseignant en histoire connaît l’histoire en profondeur. Ce qu’il évalue, c’est la connaissance de l’acte d’enseigner lui-même, indépendante de la discipline, que les chercheurs nomment connaissances pédagogiques générales.
Distinction importante : Les résultats principaux de TALIS 2024 ont été publiés en octobre 2025. Les résultats du TKS sont parus en avril 2026 comme publication distincte. Ce sont deux ensembles de données différents couvrant des questions différentes.
Huit systèmes scolaires ont participé : le Portugal, la Pologne, la Croatie, les États-Unis, le Chili, l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Arabie saoudite. Plus de 20 000 enseignants du premier cycle du secondaire ont complété l’évaluation TKS, en plus d’un questionnaire de contexte sur leurs expériences professionnelles et leurs conditions de travail.[1]
Les connaissances pédagogiques sont-elles vraiment inégalement réparties en classe ?
Le principal constat du TKS est que les connaissances pédagogiques varient considérablement au sein de chaque système participant, souvent plus qu’entre les pays.
En moyenne, parmi les quatre pays de l’OCDE dans le TKS, les enseignants du quartile supérieur obtiennent 39 points de plus que ceux du quartile inférieur sur l’évaluation des connaissances. L’écart entre le 10 % le plus élevé et le 10 % le plus bas atteint 96 points. C’est un écart substantiel pour une mesure de connaissances professionnelles au sein d’un même domaine.[1]
L’indice de dissimilarité mesure à quel point les enseignants aux solides connaissances sont répartis de façon équitable entre les établissements d’un même système, plutôt que concentrés dans certaines écoles. Un indice de 0,65 (Afrique du Sud) signifie qu’une part importante des enseignants à haut niveau de connaissances se retrouve dans un nombre restreint d’établissements. L’indice de 0,29 du Portugal indique une répartition plus équilibrée à travers le système.
Cela a des implications en matière d’équité. Lorsque l’expertise pédagogique se concentre de façon inégale, les élèves de certaines écoles bénéficient systématiquement d’enseignants aux connaissances solides, tandis que d’autres n’y ont pas accès. Le TKS chiffre un écart que les systèmes éducatifs débattaient depuis longtemps en termes qualitatifs.
Comment les enseignants aux connaissances pédagogiques solides agissent-ils différemment en classe ?
La relation entre les scores de connaissances et les pratiques d’enseignement a produit un résultat qui mérite d’être lu avec attention. Les enseignants ayant des scores de CPG plus élevés n’étaient pas plus susceptibles de déclarer utiliser « toujours » des stratégies d’enseignement exigeantes sur le plan cognitif. En fait, une augmentation d’un écart-type dans les CPG était systématiquement associée à une diminution des chances que les enseignants déclarent utiliser « toujours » un ensemble de pratiques liées.[1]
En Croatie, par exemple, les enseignants aux connaissances pédagogiques plus solides étaient moins enclins à dire qu’ils confiaient « toujours » des tâches exigeant la pensée critique ou qu’ils utilisaient « toujours » le travail en petits groupes pour résoudre des problèmes.[1]
Les chercheurs interprètent cela comme la marque d’un enseignement délibéré et contextuel, plutôt que réflexe. Un enseignant qui utilise « toujours » le travail en équipe, quel que soit le sujet du cours, suit peut-être une habitude. Un enseignant qui y a recours de façon ciblée, quand cela correspond à l’objectif d’apprentissage, exerce un jugement professionnel éclairé sur le moment où cette stratégie sert réellement les élèves.
Cette distinction est importante pour lire les résultats du TKS. Le signal n’est pas que les enseignants experts font plus de tout. C’est qu’ils appliquent des pratiques spécifiques quand celles-ci conviennent au moment, et pas comme routine automatique.
Trois pratiques associées à de solides connaissances pédagogiques ressortent de manière constante dans la recherche : la rétroaction axée sur la prochaine étape d’apprentissage de chaque élève, la formation de sous-groupes basée sur les données d’observation plutôt que sur des groupes fixes, et l’analyse des productions des élèves pour planifier la suite. Chacune de ces pratiques est un acte délibéré. Chacune nécessite de savoir où en sont les élèves en ce moment.
La rétroaction axée sur la prochaine étape, les regroupements fondés sur les données et l’analyse des productions des élèves nécessitent toutes des données organisées et à jour. LinoClass garde ces informations accessibles afin que le jugement pédagogique puisse s’exercer sans friction supplémentaire. Les décisions restent les vôtres.
Découvrir LinoClassQue retenir des résultats TKS pour les enseignants canadiens ?
Le Canada n’a pas participé au TKS 2024. L’Alberta a pris part à l’enquête TALIS 2024 principale, mais ne figurait pas parmi les huit systèmes du module TKS. Aucune donnée TKS propre aux enseignants canadiens n’existe.
Ce que les enseignants et les directions d’école au Canada peuvent retenir du TKS est d’ordre conceptuel plutôt que chiffré. Les connaissances pédagogiques sont mesurables et inégalement réparties, même au sein d’un même système scolaire. Les enseignants ayant de solides CPG sont davantage susceptibles de déclarer tenir systématiquement compte des connaissances antérieures et des besoins d’apprentissage de leurs élèves dans la planification de leurs cours. Et les pratiques spécifiques associées à de hautes CPG, dont la rétroaction ciblée et les regroupements fondés sur des données, exigent des informations organisées et à jour pour être mises en oeuvre de façon constante.
Pour les directions d’école qui réfléchissent au perfectionnement professionnel, le TKS soulève une question actionnable : où se trouvent les connaissances pédagogiques dans notre système, et comment soutenir leur développement dans toutes les écoles, pas seulement celles qui les concentrent déjà ?
Pour en savoir plus sur les données TALIS disponibles pour le Canada, consultez notre billet sur le fossé des compétences IA chez les enseignants albertains selon TALIS 2024, basé sur les résultats principaux publiés en octobre 2025.
Questions fréquentes
Questions courantes sur l’enquête TKS de l’OCDE, les systèmes participants et les implications pratiques des résultats.
Qu’est-ce que le TKS et en quoi est-il différent de TALIS ?
TALIS (Enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage) est un questionnaire de l’OCDE qui recueille les déclarations des enseignants sur leurs pratiques, leurs conditions de travail et leur perfectionnement professionnel. Le TKS est un instrument différent, ajouté comme module optionnel à TALIS 2024. Là où TALIS demande aux enseignants ce qu’ils déclarent faire, le TKS évalue ce qu’ils savent réellement sur la pédagogie à l’aide de questions de connaissance structurées.
Les résultats principaux de TALIS 2024 ont été publiés en octobre 2025. Les résultats du TKS sont parus en avril 2026 comme publication distincte. TALIS couvrait des dizaines de systèmes, tandis que le TKS ne couvre que les huit qui ont choisi le module d’évaluation des connaissances.
Quels systèmes ont participé au TKS 2024 ?
Huit systèmes scolaires ont participé : le Portugal, la Pologne, la Croatie, les États-Unis, le Chili, l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Arabie saoudite. Plus de 20 000 enseignants du premier cycle du secondaire ont répondu à l’évaluation. Les quatre pays membres de l’OCDE parmi les participants étaient le Portugal, la Pologne, la Croatie et les États-Unis.
Le Portugal a obtenu la moyenne la plus élevée, avec un score moyen de 274 points, au-dessus de la moyenne des pays participants. Le classement complet du plus élevé au plus bas : Portugal, Pologne, Croatie, États-Unis, Chili, Afrique du Sud, Maroc, Arabie saoudite.
Le Canada ou l’Alberta ont-ils participé au TKS 2024 ?
Non. Bien que l’Alberta ait participé à l’enquête TALIS 2024 principale (résultats publiés en octobre 2025 dans une note pays distincte), le Canada ne figurait pas parmi les huit systèmes du TKS. Il n’existe aucune donnée TKS propre aux enseignants canadiens.
Toute citation de chiffres TKS spécifiques au Canada constitue une erreur. Les données canadiennes disponibles sont celles des résultats TALIS 2024 principaux (Alberta seulement), publiés en octobre 2025, et non du TKS.
Qu’est-ce que les connaissances pédagogiques générales et pourquoi sont-elles importantes ?
Les connaissances pédagogiques générales (CPG) désignent les savoirs professionnels que les enseignants mobilisent lorsqu’ils planifient des cours, expliquent des concepts, gèrent la progression des apprentissages et évaluent les élèves. Elles se distinguent des connaissances disciplinaires (connaître sa matière en profondeur) et des connaissances curriculaires (savoir quoi enseigner et quand). Les CPG sont la connaissance de comment enseigner.
Le TKS est la première mesure à grande échelle et à vocation internationale des CPG à partir d’échantillons représentatifs d’enseignants à l’échelon national. Les recherches antérieures sur les connaissances pédagogiques existaient, mais portaient souvent sur de petits échantillons de commodité.
Quel est le lien entre LinoClass et les résultats du TKS ?
LinoClass est un outil de gestion de classe qui prend en charge le suivi des élèves, l’organisation des données et la réduction de la charge administrative. Il n’enseigne pas la pédagogie aux enseignants.
Les pratiques associées à de solides connaissances pédagogiques, comme la rétroaction axée sur la prochaine étape, les regroupements fondés sur les données d’apprentissage et l’analyse des productions des élèves, nécessitent toutes des données organisées et à jour pour être mises en oeuvre de façon constante. LinoClass fournit cette couche organisationnelle afin que le jugement pédagogique puisse s’exercer sans friction supplémentaire. Les décisions restent entièrement entre les mains de l’enseignant.
Sources
- OCDE. Résultats de l’enquête sur les connaissances pédagogiques : ce que les enseignants savent sur la pédagogie générale. Avril 2026. oecd.org (PDF, en anglais)
- OCDE. TALIS : Enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage. Page du programme. oecd.org
Dernière vérification : 17 août 2026