L'essentiel

Le gouvernement fédéral verse maintenant 140 M$ par année aux provinces et aux territoires pour les repas à l'école, soit le double de 2024-2025 (Emploi et Développement social Canada, juin 2026). L'objectif : servir des repas à jusqu'à 400 000 enfants de plus chaque année. Selon Ottawa, une famille participante qui a deux enfants à l'école économise en moyenne environ 800 $ d'épicerie par année. Cet argent ne va ni aux familles ni directement aux écoles. Il passe par la province, qui le verse dans ses propres programmes. Pour savoir ce que votre enfant reçoit, ou ce que votre école peut demander, la première porte est la direction de l'école.

Ce qui a changé, en chiffres

Le programme national d'alimentation scolaire a été annoncé au budget 2024, avec 1 milliard de dollars sur cinq ans à partir de 2024-2025. Les 13 provinces et territoires ont signé une entente avec Ottawa. Voici ce qui est confirmé par les sources fédérales.

Élément Ce que disent les sources
Argent fédéral aux provinces et territoires 140 M$ par année en 2025-2026 et en 2026-2027, le double de 2024-2025 [1]
Total prévu par les ententes Au plus 350 599 672 $ (environ 350,6 M$) de 2024-2025 à 2026-2027, selon les montants inscrits dans l'entente avec le Québec [4]
Enfants visés Jusqu'à 400 000 enfants de plus chaque année [1]
Économie pour les familles Environ 800 $ d'épicerie par année, en moyenne, pour une famille participante avec deux enfants à l'école [1]
Écoles qui offrent un programme Plus de 10 000, soit environ 80 % des écoles gérées par les provinces et les territoires [1]
Loi La loi fédérale sur le programme national d'alimentation scolaire a reçu la sanction royale le 26 mars 2026, par le projet de loi C-15 [2]
Après 2029 216,6 M$ par année à partir de 2029-2030, pour rendre le programme permanent [2]

Le 9 septembre 2026, Ottawa a repris ces chiffres pour la rentrée en Alberta, où l'argent fédéral atteint 17,6 M$ en 2026-2027, en plus des 20 M$ par année de la province [3].

Les 800 $ : ce que ce chiffre veut dire

Ce n'est pas un chèque, ni un crédit d'impôt. Il n'y a rien à remplir. Le chiffre est une estimation fédérale : ce qu'une famille dont les enfants mangent à l'école évite de dépenser à l'épicerie, en moyenne, sur une année. Les communiqués ne détaillent pas le calcul.

Dans les faits, l'économie dépend de ce que l'école sert. Un déjeuner tous les matins ne pèse pas comme une collation deux fois par semaine. Une famille dont l'école n'a pas de programme n'économise rien, tant que rien n'est offert.

Au Québec : comment l'argent se rend à l'école

Le Québec a signé une entente asymétrique avec Ottawa en mars 2025. Elle respecte la compétence du Québec en éducation : le Québec fournit un portrait de ses programmes au lieu d'un plan d'action. L'entente couvre la période du 1er août 2024 au 31 mars 2027.

Année financière Argent fédéral pour le Québec
2024-2025 11 556 042 $
2025-2026 26 825 205 $
2026-2027 26 825 205 $

C'est près de 65,2 M$ sur trois ans. De son côté, le Québec a investi 65,1 M$ en 2024-2025 en aide alimentaire en milieu scolaire [5].

L'argent passe surtout par la mesure budgétaire 15012, Aide alimentaire, du ministère de l'Éducation. Elle sert à offrir des déjeuners, des dîners ou des collations aux élèves qui en ont besoin, à l'école ou au service de garde. En 2024-2025, 2 067 écoles publiques sur 2 429 ont déclaré offrir de l'aide alimentaire avec cette mesure, et 797 170 élèves sur 1 198 987 en ont profité [6].

Deux organismes jouent aussi un grand rôle, selon les données 2024-2025 du gouvernement du Québec [6] :

  • Club des petits déjeuners : plus de 12,3 millions de déjeuners servis à 82 121 élèves dans 467 écoles.
  • La Cantine pour tous : plus de 1 million de dîners servis à 15 425 élèves dans 158 écoles.

L'entente précise ce que l'argent fédéral peut payer au Québec : l'achat d'aliments, le personnel, les installations pour préparer, livrer ou conserver les aliments, le transport, l'équipement et la logistique.

Ailleurs au Canada

Chaque province a sa propre porte d'entrée. Deux exemples :

  • Ontario : l'argent fédéral renforce le Programme de nutrition des élèves et deux autres programmes. Le programme fonctionne avec 13 organismes responsables qui travaillent avec les conseils scolaires et les écoles. En 2024-2025, il touchait 3 963 écoles et 1 844 621 élèves inscrits, selon le plan d'action de l'Ontario.
  • Alberta : plus de 58 000 élèves profitent déjà du programme de nutrition scolaire de la province, selon le communiqué du 9 septembre 2026.

Ce que les parents peuvent faire cette semaine

  1. Demander ce que l'école offre. Déjeuner, collation ou dîner? Quels jours? Pour tous les élèves ou pour certains seulement? La direction ou le service de garde a la réponse.
  2. Donner l'information sur les allergies. Si votre enfant a une allergie ou une restriction, dites-le à l'école avant le premier repas, pas après.
  3. Ne pas attendre d'être « admissible ». Si votre enfant a faim le matin, parlez-en à l'enseignant·e ou à la direction, même si vous ne savez pas à quoi il a droit.
  4. Poser la question au conseil d'établissement. Si l'école n'a pas de programme, un parent membre du conseil peut demander que le sujet soit mis à l'ordre du jour.
  5. Offrir un coup de main. Demandez si le programme cherche des bénévoles pour la préparation ou le service.

Pour une école qui veut lancer ou élargir un programme

L'argent fédéral ne se demande pas directement à Ottawa. Il passe par la province ou le territoire. Voici l'ordre des démarches qui fait gagner le plus de temps.

  1. Connaître l'allocation de l'école. Au Québec, la mesure 15012 est versée au centre de services scolaire. La direction peut demander au CSS quel montant revient à l'école et ce qui reste à dépenser cette année.
  2. Contacter un organisme partenaire. Au Québec, le Club des petits déjeuners et La Cantine pour tous servent déjà des centaines d'écoles. En Ontario, c'est l'organisme responsable du Programme de nutrition des élèves de votre région.
  3. Viser ce que l'argent peut payer. Les exemples fédéraux sont concrets : embaucher du personnel pour préparer et servir les repas, acheter de l'équipement de cuisine. Au Québec, l'entente ajoute le transport et les installations pour conserver les aliments.
  4. Suivre les principes de la politique nationale. La politique nationale d'alimentation scolaire du 20 juin 2024 demande des programmes accessibles sans stigmatisation, favorables à la santé, inclusifs, adaptés au milieu, durables et évalués.
  5. Garder les chiffres. Selon l'entente [4], le Québec rend publiques chaque année des données sur ses programmes d'alimentation scolaire. Un registre simple (nombre de repas, nombre d'élèves, coût) facilite la demande de l'an prochain.

Une date à noter : les ententes actuelles se terminent le 31 mars 2027. Le financement permanent de 216,6 M$ par année commence en 2029-2030. Un programme qui démarre cette année a donc intérêt à prévoir un plan pour ses coûts fixes.

Dans la classe

Le premier principe de la politique nationale est l'accès sans stigmatisation. En classe, ça se traduit par des gestes simples. Offrir la collation à tout le groupe plutôt qu'à quelques élèves. Ne jamais nommer à voix haute qui mange au programme. Prévoir un moment où tout le monde mange en même temps. Et si un élève arrive souvent le ventre vide, c'est un sujet pour la direction, pas pour la discipline.

Prévenir toutes les familles de la classe

Quand l'école lance ou change son programme de repas, l'information doit se rendre à chaque famille, pas seulement à celles qui lisent l'agenda. Avec LinoClass, un message aux parents part de la même application que le portfolio de classe, et les renseignements restent au Canada.

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