Ce que vous devez savoir en 30 secondes

Remind, Bloomz, ClassDojo (version gratuite), Seesaw Free et Padlet public posent un risque Loi 25 documenté : stockage aux États-Unis, partage avec des tiers, ou contenu d'élèves indexé publiquement. Les faits proviennent de leurs propres politiques de confidentialité, citées verbatim ci-dessous.

5 outils que des centaines d'écoles québécoises utilisent encore et qui posent un risque Loi 25 documenté. Voici lesquels et pourquoi. Tous les faits cités dans cet article sont tirés des politiques de confidentialité officielles et publiques de chaque outil, avec citations verbatim et liens vers les sources originales. L'objectif n'est pas de disqualifier ces outils, mais d'exposer les faits tels qu'ils sont rédigés par les entreprises elles-mêmes.

Note méthodologique

Cet article ne constitue pas un avis juridique. Les citations sont issues des politiques de confidentialité disponibles publiquement au 28 avril 2026. Les politiques évoluent. Consultez votre direction et le responsable des renseignements personnels de votre CSS avant de prendre une décision basée sur cet article.

Les 5 outils

1
Remind Communication parents-enseignants
Risque : partage de données, stockage US

Remind est une application de messagerie largement utilisée par des enseignant·e·s québécois·es pour envoyer des rappels et des messages aux parents. Sa simplicité d'utilisation en a fait un choix populaire, notamment pour les remplaçants et les suppléants qui n'ont pas accès aux systèmes officiels de leur CSS.

Ce que dit la politique de confidentialité

« We may share your personal information with third-party business partners, vendors and service providers for purposes that include marketing, research, analytics and advertising. »

Remind Privacy Policy [1]

Ce passage autorise le partage avec des tiers à des fins publicitaires et marketing. Les informations partagées peuvent inclure des données sur les messages eux-mêmes (heure d'envoi, fréquence des messages, groupe concerné) — suffisant pour en déduire des choses sur vos élèves.

« Remind stores your data in the United States. »

Remind Privacy Policy [1]

Stockage aux États-Unis, pas d'option Canada. Toute utilisation par un CSS québécois impliquant des renseignements identifiants sur des élèves nécessite une EFVP préalable, selon l'article 70.1 de la Loi sur l'accès (P-39.1) [2].

Alternatives

Pour la communication unidirectionnelle (rappels, annonces) : le système de courriel institutionnel de votre CSS, ou la fonction d'annonces de votre plateforme pédagogique approuvée. Pour la communication bidirectionnelle : une application approuvée par votre CSS, hébergée au Canada.

2
Bloomz Communication parents-enseignants
Risque : publicité, stockage US, pas d'EFVP dans la plupart des CSS

Bloomz est positionné comme une alternative à ClassDojo pour la communication parents-enseignants. Il offre des fonctions similaires : fil d'actualité, messagerie, gestion du comportement. Moins connu que ses concurrents au Québec, il est précisément pour cette raison souvent utilisé sans avoir été évalué par le CSS.

Ce que dit la politique de confidentialité

« We may use cookies and other tracking technologies to track activity on our Services and hold certain information. »

Bloomz Privacy Policy [3]

« We may use your Personal Data to contact you with newsletters, marketing or promotional materials and other information that may be of interest to you. »

Bloomz Privacy Policy [3]

La politique permet d'envoyer des communications commerciales aux comptes parents et enseignants. Elle ne distingue pas clairement entre les données des enseignant·e·s et les données liées aux élèves pour ces finalités commerciales.

Par rapport à la Loi 25 : le problème principal n'est pas que Bloomz est malveillant, c'est que la grande majorité des CSS québécois n'ont pas effectué d'EFVP pour cet outil. Il est utilisé dans une zone non évaluée, ce qui crée une responsabilité non couverte pour le CSS si un incident survient.

Alternatives

Si vous utilisez Bloomz sans approbation de votre CSS, signalez-le à votre direction et demandez qu'une EFVP soit effectuée ou qu'une alternative approuvée soit proposée. Si la communication parents est le besoin principal, plusieurs CSS ont approuvé des outils spécifiques à demander à votre direction.

3
ClassDojo (version gratuite) Portfolio, communication, gestion comportementale
Risque : stockage US uniquement, données biométriques optionnelles

ClassDojo reste l'un des outils les plus utilisés dans les classes québécoises du primaire. Son attrait : une interface simple, des « Dojo Points » pour la gestion du comportement, et une messagerie directe avec les parents. Son problème Loi 25 : documenté dans ses propres données techniques.

Ce que dit la documentation officielle

« Student Data is stored in the United States with our service provider, Amazon Web Services (AWS) (us-east-1). »

ClassDojo Security & Legal page [4]

La région us-east-1 correspond à la Virginie du Nord. Aucune option de stockage au Canada n'est offerte, même pour les abonnements payants. C'est la différence fondamentale avec Seesaw, qui propose au moins une option canadienne (même imparfaite).

La version gratuite collecte aussi les points de comportement que vous attribuez à chaque élève. Ces données sont conservées 12 mois avant d'être rendues anonymes. Combinées avec le prénom d'un élève et le nom de votre classe, elles peuvent suffire à l'identifier au sens de la Loi 25.

Le cas du CSS des Samares

En mars 2025, le CSS des Samares a retiré ClassDojo de toutes ses écoles après avoir évalué le risque de sécurité. Comme le CSS l'a précisé publiquement, la décision visait à prévenir un risque potentiel, pas à réagir à un incident confirmé. D'autres CSS ont pris la même décision depuis.

Alternatives

Pour la gestion comportementale : un système papier ou un tableau numérique interne au CSS. Pour la communication parents : un outil approuvé par votre CSS. Pour le portfolio numérique : un outil hébergé au Canada, comme LinoClass.

4
Seesaw (version gratuite) Portfolio numérique
Risque : stockage US par défaut, réplication US même avec l'option Canada

Seesaw est le portfolio numérique le plus répandu dans les classes québécoises du primaire depuis 2018. La version gratuite est utilisée par des milliers d'enseignant·e·s. Son problème sous la Loi 25 est distinct de ClassDojo : Seesaw reconnaît explicitement la Loi 25 dans sa politique et offre une option Canada, mais cette option a des limites importantes.

Ce que dit la politique de confidentialité

« In accordance with the notification requirement of Quebec Law 25, Personal Information collected through our services will be transferred to the United States. »

Seesaw International Privacy Policy [5]

Seesaw admet explicitement le transfert vers les États-Unis en référençant la Loi 25. C'est une reconnaissance du problème, pas une solution à celui-ci.

« To have your data stored in Canada, please contact your Customer Success Manager (CSM). Only available for paid school subscriptions. »

Seesaw Privacy Policy, Canada Privacy Acts [6]

La version gratuite, celle utilisée par la majorité des enseignant·e·s québécois·es, ne bénéficie pas de l'option canadienne. Et même l'option payante laisse les données répliquées aux États-Unis :

« Your school's data will be replicated and stored in Canada, but it is also stored in the United States. »

Seesaw Privacy Policy, Canada Privacy Acts [6]
Alternatives

Pour un portfolio numérique hébergé au Canada sans réplication américaine, consultez votre direction pour les outils approuvés par votre CSS, ou évaluez les alternatives québécoises lors de la planification estivale.

5
Padlet (version gratuite / tableaux publics) Collaboration, exposition des travaux
Risque : tableaux publics indexés, stockage US, absence de contrôle d'accès par défaut

Padlet est un outil de collaboration visuel très populaire pour afficher les travaux d'élèves, organiser des tempêtes d'idées, ou créer des présentations interactives. Son attrait : aucune création de compte requise pour les élèves, interface intuitive, possibilité de copier-coller ou de déposer directement des photos. Son problème : les paramètres par défaut créent des tableaux publics accessibles à quiconque sur internet.

Ce que dit la politique de confidentialité

« Padlet may process your personal information outside the country, state, or province in which you reside, including in the United States. »

Padlet Privacy Policy [7]

Stockage aux États-Unis par défaut. Mais le problème principal avec Padlet pour les classes québécoises n'est pas seulement la localisation des données. C'est la visibilité par défaut.

Un tableau Padlet créé dans les paramètres par défaut est public et indexable par les moteurs de recherche. Cela signifie que si un·e enseignant·e crée un tableau avec des travaux d'élèves identifiés (prénom + travail scolaire + nom de la classe dans le titre), ce contenu peut apparaître dans les résultats de recherche. La Loi 25 exige un contrôle d'accès approprié pour les renseignements personnels : un tableau public accessible sans authentification ne respecte pas cette exigence.

Padlet propose des options de confidentialité : tableaux privés, accès par lien secret, accès par mot de passe. Ces options ne sont pas activées par défaut. Il faut les configurer manuellement à chaque nouveau tableau.

Alternatives et atténuation

Si votre CSS a approuvé Padlet : activez systématiquement l'option « Secret » (lien privé) sur chaque tableau contenant des productions d'élèves identifiées. N'utilisez jamais le prénom complet d'un élève dans le titre d'un tableau public. Pour les expositions de travaux à partager avec les parents, un outil avec authentification parentale est préférable.

Le schéma commun

Ces cinq outils ont quelque chose en commun : ils ont tous été adoptés pour de bonnes raisons pédagogiques, souvent avant que la Loi 25 ne soit pleinement en vigueur. Ils sont fonctionnels, bien conçus, et faciles à utiliser. Le problème n'est pas leur qualité pédagogique. C'est que leurs politiques de confidentialité reflètent des modèles d'affaires conçus pour des marchés où la réglementation est moins stricte qu'au Québec depuis septembre 2024.

Pour les enseignant·e·s du primaire, la bonne démarche n'est pas de cesser d'utiliser le numérique. C'est de vérifier, avant la rentrée 2026, lesquels de ces outils ont été formellement approuvés par votre CSS et, si vous en utilisez un qui ne l'a pas été, de le signaler à votre direction.

Notre guide complet Loi 25 pour les enseignant·e·s du primaire détaille les 10 obligations concrètes et ce que vous devez vérifier avant la rentrée.

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LinoClass combine portfolio numérique et communication parents dans une application web hébergée au Canada par défaut. Pas d'option à activer, pas de réplication américaine, pas d'EFVP à faire pour l'hébergement.

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