Ce que vous devez savoir en 30 secondes
Remind, Bloomz, ClassDojo (version gratuite), Seesaw Free et Padlet public posent un risque Loi 25 documenté : données stockées ou transférées aux États-Unis, commandites dans une version gratuite, ou contenu d'élèves indexable publiquement. Les faits proviennent de leur propre documentation officielle, citée verbatim ci-dessous.
5 outils encore utilisés dans des écoles québécoises et qui posent un risque Loi 25 documenté. Voici lesquels et pourquoi. Tous les faits cités dans cet article sont tirés de la documentation officielle et publique de chaque outil (politiques de confidentialité, listes de sous-traitants, centres d'aide), avec citations verbatim et liens vers les sources originales. L'objectif n'est pas de disqualifier ces outils, mais d'exposer les faits tels qu'ils sont rédigés par les entreprises elles-mêmes.
Note méthodologique
Cet article ne constitue pas un avis juridique. Les citations sont issues de la documentation officielle disponible publiquement, revérifiée le 30 septembre 2026. Les politiques évoluent. Consultez votre direction et le responsable des renseignements personnels de votre CSS avant de prendre une décision basée sur cet article.
Vos photos d'élèves restent sur un serveur au Québec. Les parents y entrent sur votre invitation.
Essayer LinoClass gratuitementLes 5 outils
1. Remind
Communication parents-enseignants Risque : transfert de données aux États-UnisRemind est une application de messagerie largement utilisée par des enseignant·e·s québécois·es pour envoyer des rappels et des messages aux parents. Sa simplicité d'utilisation en a fait un choix populaire, notamment pour les remplaçants et les suppléants qui n'ont pas accès aux systèmes officiels de leur CSS.
Ce que dit la politique de confidentialité
Remind fait maintenant partie de ParentSquare, et ce sont les politiques de ParentSquare qui s'appliquent. Elles excluent la publicité ciblée :
« We do not sell your personal data or share your personal data for targeted advertising. »
Remind Chat Privacy Policy [1]
La question sous la Loi 25 est plutôt celle de la localisation des données :
« Remind Hub complies with the Data Privacy Framework (DPF) for transferring data to the United States. »
ParentSquare Privacy Policy [1]
Transfert aux États-Unis, aucune option Canada mentionnée. Toute utilisation par un CSS québécois impliquant des renseignements identifiants sur des élèves nécessite une EFVP préalable, selon l'article 70.1 de la Loi sur l'accès (A-2.1) [2].
AlternativesPour la communication unidirectionnelle (rappels, annonces) : le système de courriel institutionnel de votre CSS, ou la fonction d'annonces de votre plateforme pédagogique approuvée. Pour la communication bidirectionnelle : une application approuvée par votre CSS, hébergée au Canada.
2. Bloomz
Communication parents-enseignants Risque : commandites dans la version gratuite, hébergement non précisé, EFVP à vérifier auprès de votre CSSBloomz est positionné comme une alternative à ClassDojo pour la communication parents-enseignants. Il offre des fonctions similaires : fil d'actualité, messagerie, gestion du comportement. Moins connu que ses concurrents au Québec, il peut se retrouver en classe sans avoir été évalué par le CSS.
Ce que dit la politique de confidentialité
« We use cookies, pixel tags and similar technologies to collect visitor information and to tailor the apps for you »
Bloomz Privacy Policy [3]
« Because of the cost associated with free accounts, we work with family-friendly third-party brands to sponsor classrooms and help cover those costs. »
Bloomz Privacy Policy [3]
Les comptes gratuits affichent donc des commandites aux enseignant·e·s et aux parents. Bloomz précise qu'elles ne sont jamais montrées aux élèves et qu'aucun renseignement personnel identifiant n'est communiqué aux annonceurs. Sa politique ne précise pas où les données sont hébergées.
Par rapport à la Loi 25 : le problème principal n'est pas que Bloomz est malveillant, c'est qu'un CSS doit réaliser une EFVP avant d'adopter un tel outil (art. 63.5 de la Loi sur l'accès, A-2.1) et avant toute communication de renseignements personnels hors Québec (art. 70.1) [2]. Utilisé sans cette évaluation, il se trouve dans une zone non évaluée, ce qui crée une responsabilité non couverte pour le CSS si un incident survient. Demandez à l'éditeur où les données sont hébergées, et à votre CSS si une EFVP a été réalisée.
AlternativesSi vous utilisez Bloomz sans approbation de votre CSS, signalez-le à votre direction et demandez qu'une EFVP soit effectuée ou qu'une alternative approuvée soit proposée. Si la communication parents est le besoin principal, plusieurs CSS ont approuvé des outils spécifiques à demander à votre direction.
3. ClassDojo (version gratuite)
Portfolio, communication, gestion comportementale Risque : stockage US uniquement, données biométriques optionnellesClassDojo reste l'un des outils les plus utilisés dans les classes québécoises du primaire. Son attrait : une interface simple, des « Dojo Points » pour la gestion du comportement, et une messagerie directe avec les parents. Son problème Loi 25 : documenté dans ses propres données techniques.
Ce que dit la documentation officielle
« Student Data is stored in the United States with our service provider, Amazon Web Services (AWS) (us-east-1). »
ClassDojo Security & Legal page [4]
La région us-east-1 correspond à la Virginie du Nord, selon la liste officielle des régions de ce fournisseur. La page de ClassDojo ne mentionne aucune option de stockage au Canada.
Les données biométriques visent des fonctions vocales facultatives. Selon la politique biométrique de ClassDojo, les enregistrements audio en classe captent des caractéristiques vocales pouvant constituer des identifiants biométriques, chez l'enseignant·e comme chez les élèves. Ces fonctions sont désactivées par défaut et demandent l'autorisation de l'enseignant·e et de l'école.
La version gratuite collecte aussi les points de comportement que vous attribuez à chaque élève. Ces données sont conservées 12 mois avant d'être rendues anonymes. Combinées avec le prénom d'un élève et le nom de votre classe, elles peuvent suffire à l'identifier au sens de la Loi 25.
Le cas du CSS des Samares
Le CSS des Samares a retiré ClassDojo de ses écoles à compter du 1er juillet 2024, selon Le Devoir. Le CSS a précisé qu'il n'y avait pas eu de fuite de données, mais qu'un incident sans conséquence avait révélé des lacunes pouvant potentiellement mettre en péril la confidentialité des renseignements.
AlternativesPour la gestion comportementale : un système papier ou un tableau numérique interne au CSS. Pour la communication parents : un outil approuvé par votre CSS. Pour le portfolio numérique : un outil hébergé au Canada, comme LinoClass.
4. Seesaw (version gratuite)
Portfolio numérique Risque : transfert vers les États-UnisSeesaw est un portfolio numérique très répandu au primaire : l'entreprise dit rejoindre plus de 590 000 enseignant·e·s, élèves et familles au Canada [8]. Son problème sous la Loi 25 est distinct de ClassDojo : Seesaw reconnaît explicitement la Loi 25 dans sa politique, et y annonce le transfert des renseignements vers les États-Unis.
Ce que dit la politique de confidentialité
« In accordance with the notification requirement of Quebec Law 25, Personal Information collected through our services will be transferred to the United States. »
Seesaw International Privacy Policy [5]
Seesaw admet explicitement le transfert vers les États-Unis en référençant la Loi 25. C'est une reconnaissance du problème, pas une solution à celui-ci. Les options de stockage peuvent varier selon le forfait acheté par une école ou un CSS : avant de l'adopter, demandez à Seesaw par écrit où seront stockées les données de vos élèves.
AlternativesPour un portfolio numérique hébergé au Canada, consultez votre direction pour les outils approuvés par votre CSS, ou évaluez les alternatives québécoises lors de la planification estivale.
5. Padlet (version gratuite / tableaux publics)
Collaboration, exposition des travaux Risque : tableaux publics indexés, accès par simple lien par défautPadlet est un outil de collaboration visuel très populaire pour afficher les travaux d'élèves, organiser des tempêtes d'idées, ou créer des présentations interactives. Son attrait : aucune création de compte requise pour les élèves, interface intuitive, possibilité de copier-coller ou de déposer directement des photos. Son problème : un tableau réglé en mode public est accessible à quiconque sur internet.
Ce que dit la politique de confidentialité
« Any content you post on a public padlet is also indexable by search engines and, as such, is open to the public. »
Padlet Privacy Policy [7]
Sa politique ne précise pas le pays d'hébergement. Le problème principal avec Padlet pour les classes québécoises est plutôt la visibilité des tableaux.
Un tableau Padlet réglé en mode public est indexable par les moteurs de recherche. Cela signifie que si un·e enseignant·e crée un tableau public avec des travaux d'élèves identifiés (prénom + travail scolaire + nom de la classe dans le titre), ce contenu peut apparaître dans les résultats de recherche. La Loi 25 exige des mesures de sécurité raisonnables pour protéger les renseignements personnels : un tableau public accessible sans authentification s'y prête mal.
Padlet propose des options de confidentialité : tableaux privés, accès par lien secret, accès par mot de passe. Selon son centre d'aide, un nouveau tableau est « Secret » par défaut dans les forfaits individuels : il n'est pas public, mais quiconque a le lien peut le consulter sans se connecter. Les forfaits scolaires le limitent par défaut aux comptes de l'établissement [7].
Alternatives et atténuationSi votre CSS a approuvé Padlet : activez systématiquement l'option « Secret » (lien privé) sur chaque tableau contenant des productions d'élèves identifiées. N'utilisez jamais le prénom complet d'un élève dans le titre d'un tableau public. Pour les expositions de travaux à partager avec les parents, un outil avec authentification parentale est préférable.
Le schéma commun
Ces cinq outils ont quelque chose en commun : ils ont tous été adoptés pour de bonnes raisons pédagogiques, souvent avant que la Loi 25 ne soit pleinement en vigueur. Ils sont fonctionnels, bien conçus, et faciles à utiliser. Le problème n'est pas leur qualité pédagogique. C'est que leurs politiques de confidentialité reflètent des modèles d'affaires conçus pour des marchés où la réglementation est moins stricte qu'au Québec.
Pour les enseignant·e·s du primaire, la bonne démarche n'est pas de cesser d'utiliser le numérique. C'est de vérifier, avant la rentrée 2026, lesquels de ces outils ont été formellement approuvés par votre CSS et, si vous en utilisez un qui ne l'a pas été, de le signaler à votre direction.
Notre guide complet Loi 25 pour les enseignant·e·s du primaire détaille les 10 obligations concrètes et ce que vous devez vérifier avant la rentrée.
Prêt à essayer LinoClass ?
LinoClass combine portfolio numérique et communication parents dans une application web hébergée au Canada. Selon notre politique de confidentialité, le portfolio et la base de données sont hébergés au Québec, donc l'EFVP préalable à une communication hors Québec (art. 70.1 de la Loi sur l'accès) ne vise pas ces données. Votre CSS doit tout de même réaliser une EFVP avant d'adopter l'outil, comme pour tout système qui traite des renseignements personnels (art. 63.5) [2].
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