Réponse rapide : En 2022, la Finlande a obtenu 490 points en lecture au PISA, soit 30 points de moins qu'en 2018, et l'Estonie l'a dépassée comme chef de file européen en lecture (blogue OPH). En réponse, le ministère de l'Éducation finlandais a lancé en 2025 un programme ajoutant des heures obligatoires en littératie, en mathématiques et en sciences (FESIN, 2025).
Dernière mise à jour : 14 avril 2026
Pendant des décennies, la Finlande a été le pays que les systèmes scolaires du monde entier cherchaient à imiter. Ses résultats PISA, sa formation des enseignants et son approche pédagogique ont fait l'objet d'innombrables rapports et visites d'observation. Les données du PISA 2022 ont changé ce portrait.
Qu'est-ce que les résultats PISA 2022 révèlent sur la Finlande?
La Finlande a obtenu une moyenne de 490 points en lecture au PISA 2022, ce qui représente une baisse de 30 points par rapport au PISA 2018 (blogue OPH, Opetushallitus). C'est le repli le plus marqué que le pays ait enregistré depuis le début des évaluations PISA.
L'Estonie a dépassé la Finlande et s'est positionnée comme le pays le plus performant en lecture en Europe (blogue OPH). Ce glissement de position illustre à quel point le recul finlandais est réel et non relatif à une montée générale des scores européens.
Le rapport OPH identifie deux facteurs structurels. Le premier est l'augmentation du temps passé sur les appareils numériques : 41 % des jeunes Finlandais de 15 ans ont déclaré que l'utilisation des appareils numériques perturbait leur concentration pendant leurs études (PISA 2022 / blogue OPH). Le second est un affaiblissement général du temps consacré à la lecture en dehors de l'école. Ces deux éléments se renforcent mutuellement.
Que prévoit le programme finlandais de 2025?
En 2025, le ministère de l'Éducation et de la Culture de Finlande a lancé le Programme pour l'égalité et la non-discrimination dans l'éducation et la formation 2025, une initiative sur quatre ans (FESIN, 2025).
Ce programme n'introduit pas un nouveau curriculum national complet. Il ajoute des heures d'enseignement obligatoires en littératie de la langue maternelle, en mathématiques et en sciences aux programmes existants. La distinction est importante : il ne s'agit pas d'une refonte curriculaire, mais d'un renforcement ciblé du temps alloué à des matières fondamentales précises.
Le Monitor d'éducation et de formation 2025 de l'Union européenne confirme que cette réorientation reflète une prise de conscience institutionnelle que les gains cognitifs passés ne sont pas permanents et qu'ils nécessitent un investissement soutenu dans le temps d'enseignement direct (EU Education and Training Monitor 2025, Finlande).
Quel est le lien avec les décisions canadiennes sur les appareils numériques?
La donnée finlandaise sur la distraction numérique (41 %) n'a pas été citée dans le vide. Au Québec, le gouvernement provincial a mis en place une interdiction des téléphones cellulaires dans les écoles, une mesure qui s'inscrit dans la même logique que ce que la Finlande observe empiriquement. En Ontario, une interdiction élargie des téléphones portables a suivi.
La Finlande, avec ses données PISA longitudinales, apporte un argument empirique à ce débat : le temps d'écran personnel des élèves pendant la journée scolaire a une corrélation mesurable avec les résultats en lecture. Ce n'est pas une hypothèse pédagogique; c'est un résultat de recherche à grande échelle impliquant des dizaines de milliers d'élèves.
Pour les enseignants du primaire au Québec et en Ontario, cette donnée renforce la valeur de garder les communications familiales hors des appareils personnels des élèves. Lorsque les mises à jour de l'école transitent par une plateforme gérée par l'établissement plutôt que par les téléphones des enfants, le lien scolaire-famille est maintenu sans ajouter de distractions au quotidien des élèves.
Questions fréquentes
La Finlande a-t-elle changé son curriculum national en 2025?
Non. Le programme de 2025 ajoute des heures d'enseignement obligatoires en littératie, mathématiques et sciences aux programmes existants. La révision complète du curriculum national finlandais est prévue pour après 2026. La distinction est essentielle : il s'agit d'un renforcement du temps alloué à des matières fondamentales, non d'une réécriture des objectifs d'apprentissage (FESIN, 2025).
Est-ce que d'autres pays européens ont aussi vu leur score PISA baisser en 2022?
Oui. Le PISA 2022 a montré des baisses dans de nombreux pays, en partie attribuées aux perturbations liées à la COVID-19. Ce qui distingue le cas finlandais, c'est l'ampleur de la baisse (30 points), le fait qu'elle s'inscrit dans une tendance plus longue et la décision institutionnelle d'y répondre avec un programme formel ciblant le temps d'enseignement des matières fondamentales (blogue OPH).
Pourquoi l'Estonie dépasse-t-elle maintenant la Finlande en lecture?
L'Estonie a maintenu une approche systématique de l'enseignement explicite de la lecture et a préservé un temps scolaire important dédié aux matières fondamentales. La comparaison avec la Finlande est instructive parce que les deux pays partagent des contextes socio-économiques similaires, ce qui rend l'écart de score plus difficile à attribuer à des facteurs externes (blogue OPH).
Qu'est-ce que les données finlandaises signifient concrètement pour un enseignant du primaire au Québec?
Elles confirment que le temps de classe consacré à la lecture et à l'écriture a un impact mesurable sur les résultats à long terme. Elles montrent aussi que la présence des appareils numériques personnels dans l'environnement scolaire est associée à une concentration réduite, même chez des élèves de 15 ans dans l'un des meilleurs systèmes scolaires du monde. Pour un enseignant du primaire, cela renforce la valeur de protéger le bloc de littératie quotidien et de maintenir les communications avec les familles sur des canaux qui ne passent pas par les appareils des élèves.
Les plateformes de communication scolaire aident-elles à protéger le temps de littératie?
Une plateforme comme LinoClass permet aux enseignants d'envoyer des mises à jour aux familles sans que les élèves aient besoin d'un appareil personnel. Les informations importantes transitent entre l'école et les parents directement, ce qui réduit la tentation d'utiliser le téléphone en classe pour rester informé ou transmettre des messages. C'est un choix organisationnel qui aligne la pratique de communication avec les données sur la concentration.